18/02/2017 – Bélarus : plus de 2000 manifestants contre le décret sur le « parasitisme social »

« Non à Loukachenko ! », « non à la dictature ! », « qui est le premier parasite ? Le président ! » : plus de 2 000 personnes, selon le site tut.by, ont manifesté vendredi 18 février dans le centre de la capitale bélarusse pour exiger l'annulation d'un décret sanctionnant « le parasitisme social ». La résolution des organisateurs, publiée sur le portail Khartia 97, appelle également à la tenue d'élections libres et à la fin des restrictions budgétaires.

Ce rassemblement était organisé par l'ancien candidat à la présidence, Mikola Statkevitch, libéré en 2015 après cinq années de détention, le poète Vladimir Nekliaïev et le dirigeant syndical indépendant, Guennady Fedynitch. Le cortège, qui s'est déplacé sans incident, a remonté la principale avenue de Minsk jusqu'au ministère des Impôts, où des demandes officielles de paiement ont été brûlées par des manifestants.

Le décret contesté, intitulé « sur la prévention de la dépendance sociale » a été signé par le président Alexandre Loukachenko en avril 2015. Il impose une taxe annuelle d'environ 200 dollars à ceux qui travaillent moins de 183 jours par an. Jeudi 15 février, les autorités ont annoncé que 46 000 personnes – sur les 430 000 concernées – avaient déjà payé leur dû. Selon les services fiscaux, la mesure – que les manifestants comparent au délit de parasitisme en vigueur pendant l'URSS – permettra de récolter sept millions de dollars. La date limite de paiement est fixée au 20 février.

Une opposition désunie

La manifestation de vendredi s'est toutefois déroulée sans l'appui des principaux partis d'opposition, dont les emblèmes et les drapeaux n'étaient pas visibles parmi la foule. Selon le politologue bélarusse, Anton Schreibman, « presque tous les « vieux » partis d'opposition […] ont ignoré la manifestation et avaient prédit son fiasco ». L'expert évoque une concurrence entre les mobilisations lancées par l'opposant Mikola Statkevitch et les autres partis, qui avaient plutôt prévu de se réunir le 25 mars, date à laquelle l'opposition et les courants nationalistes se réunissent habituellement.

Malgré les divisions, c'est la plus importante mobilisation de l'opposition depuis les troubles électoraux de 2010. A l'époque, la réélection d'Alexandre Loukachenko avait été suivie d'une vague de contestation sévèrement réprimée par le pouvoir, qui avait procédé à des milliers d'arrestations. Depuis 2014, Minsk a toutefois fait preuve de d'avantage de tolérance à l'égard de l'opposition dans un contexte de rapprochement avec l'Occident.

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Sources :

http://www.belaruspartisan.org/opinions/371383/

https://news.tut.by/economics/532031.html

http://www.rbc.ru/politics/17/02/2017/58a722079a7947bd5da87016