30/06/17 – Russie : réduction drastique du budget pour l’Arctique

Le programme fédéral pour le développement de l’Arctique supervisé par le ministère du développement économique avait initialement été doté d’un budget de 209 milliards de roubles (3,1 milliards d’euros) en janvier 2017, d’ici 2025.

Cependant la passe budgétaire compliquée que traverse le pays vient le programme de façon spectaculaire, réduisant le budget initial drastique pour le porter selon les dernières informations à 12,4 milliards de roubles soit 184 millions d’euros. Deux réductions successives auraient été décidées par Dmitri Rogozin, vice-premier ministre puis par Dmitri Medvedev. La version modifiée du programme devra être adopté par le gouvernement à la fin de l’été. RBK précise que pour l’heure, aucun officiel contacté ne souhaite s’exprimer sur la question.

La plus grande partie des fonds devraient être consacrés à la conception et à la construction de la plateforme « Pôle Nord » pour Roshydromet, l’agence fédérale pour l’hydrométéorologie et l’étude de l’environnement. Cette plateforme dérivante et résistance aux glaces sera consacrée à l’étude polaire, notamment aux questions météorologiques et au mouvement des glaces. Une autre partie des fonds alloués par le programme fédéral sera employée à la modernisation des chantiers navals de Yakoutie. Près d’un milliard de roubles doivent ainsi être utilisés pour renforcer la sécurité dans la région, où vivent 2,3 millions de russes. Enfin, le reste des fonds devraient être employé dans des programmes de nettoyage des fonds arctiques, notamment pour les déchets radioactifs et de la recherche sur les sols. Les projets les plus coûteux inclus dans le projet initial de construction de brise-glace atomique et de recherche avancée sur le plateau continental pourraient être retardés.

En revanche, les investissements du ministère de la Défense russe concernant l’Arctique ne seront pas impactés par cette réduction budgétaire. Vladimir Poutine compte également beaucoup sur les investissements privés dans le secteur énergétique, et ce, malgré les sanctions sur les exportations européennes d’équipements destinés à la recherche d’hydrocarbures en eau profonde. Ainsi, l’exploitation du gisement Yamal, à laquelle Total participe, devrait produire 16,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an, qui seront acheminés en Europe et en Asie par une armada de méthaniers brise-glace. Des projets similaires, portés par Rosneft ou Gazprom sont considérablement ralentis par ce contexte de sanctions. 

L’Arctique est depuis longtemps le centre de l’attention de la Russie en termes de développement économique et de revendications territoriales. Dès 2015, Dimitri Rogozine annonçait clairement : « L'Arctique, c'est notre territoire, nous en assurerons la sécurité. Et nous y ferons aussi de l'argent ». Le pays souhaite prouver que le plateau continental s'étend au-delà des 200 milles nautiques actuels, ce qui lui permettra de revendiquer 1,2 millions de kilomètres carrés supplémentaires dans une région qui renfermerait 20% des réserves d'hydrocarbure mondiale. 

Sources : RBK http://www.rbc.ru/newspaper/2017/07/03/59550a479a794700f2cca257

Le Temps https://www.letemps.ch/monde/2017/03/31/russie-se-deploie-larctique

Total http://www.total.com/fr/expertise-energies/projets/petrole-gaz/gnl/yamal-lng